Bénédicte Klène

Plasticienne

18 février 2008

Palimpseste


L1000792«Qu'est-ce que le cerveau humain, sinon un palimpseste immense et naturel? Mon cerveau est un palimpseste et le vôtre aussi, lecteur.
Des couches innombrables d'idées, d'images, de sentiments sont tombées successivement sur votre cerveau, aussi doucement que la lumière. Il a semblé que chacune ensevelissait la précédente. Mais aucune en réalité n'a péri.»

(Charles Baudelaire, Les paradis artificiels )

Posté par benedicteklene à 11:18 - NOTES SUR LE TRAVAIL - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


17 février 2008

Palimpseste


L1000781(du grec ancien παλίμψηστος / palímpsêstos, « gratté de nouveau »)
Le mot désigne
un parchemin manuscrit sur lequel on a gratté la surface pour y porter un nouveau texte.
Cette technique est née au moyen âge, lorsque la principale source en parchemins, située en Égypte, s'est tarie suite à la conquête arabo-musulmane (VIIème siècle). 
Les copistes ont alors eu l'idée de passer de l'eau de chaux sur les anciens parchemins, après en avoir délicatement gratté la surface, grâce à de la pierre ponce, pour y écrire de nouveaux textes. On retrouve sous la nouvelle écriture des traces de l'ancienne...

Posté par benedicteklene à 11:15 - NOTES SUR LE TRAVAIL - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 février 2008

Omphalos


Omphalos: Pour les grecs, l'omphalos était le centre du monde. C'est aussi la protubérance sur un bouclier, c'est l'ombilic, le nombril, C'est la pierre sacrée conique du temple d'Apollon à Delphes, censée marquer le centre de la terre. C'est le point central, la portion, le centre..(1)

Posté par benedicteklene à 12:40 - NOTES SUR LE TRAVAIL - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 février 2008

Tondo, tondi


L1000803Tondo :Le mot vient de l'Italien rotondo (rond) et désigne une peinture de forme circulaire.
Le tondo remonte à la plus haute antiquité avec l'imago clipeata ou le clipeus, puis au Quattrocento avec le desco a parto et boucle ainis un cycle qui fait se rejoindre les deux extrémités de la vie.
Le cercle, en tant que cadre, se détache des murs des mosaïques romaines et byzantines, mais aussi des tissus d'Egypte et d'Orient et reprend une toute nouvelle vie dans l'Italie de la Renaissance.
L'origine du tondo provient de la coutume d'offrir à une jeune mariée ou une accouchée un tableau rond ou ovale peint sur bois, le plus souvent des deux côtés: le desco
(plateau à douze côtés).  Le sujet représenté est celui d'un maternité divine, lumineuse et exemplaire.
Les reliefs en céramique de Fra Filippo Lippi, de Domenico Veneziano, de Boticelli, Raphaël et Michel Ange encore, ont donnée au
tondo ses lettres de noblesse.(1)

(1) Bénédicte Klène, « A Round Around A Round », Mémoire DEA Arts plastiques. Université de Haute Bretagne. Rennes II. UER des Arts. 1996.

Posté par benedicteklene à 11:12 - NOTES SUR LE TRAVAIL - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 juin 2007

Notes sur le travail

         Mon travail interroge la place de la peinture - et de l'art - dans l’espace sensible, physique et mental que nous occupons. Mes recherches m'amènent à jouer des formes organiques, des images élémentaires (air, eau, corps) et à créer des formes souvent simples ou primitives, porteuses de significations ou d’imaginaires dans lesquels le public aime à se perdre et se retrouver.

        Peintures, sculptures ou installations, mes œuvres entretiennent depuis toujours une relation forte aux sons, aux mots, au langage et privilégient une approche physiquement sensible. Il m’est important de troubler ainsi la perception première que l’on peut avoir et de mettre en jeu, de mettre en doute l’évidence du sens, de l’interprétation.

        En cherchant à installer mes toiles dans l’espace, mes oeuvres se sont déplacées, abandonnant très vite l’espace pictural en deux dimensions, quittant les murs, investissant les angles, s’installant sur l’eau ou dans l’air, s’associant parfois avec la nature et le végétal. L'idée de flux (eau, air, sons, musique, danse) est récurrente dans mon travail.

         Au départ de toute idée, il y a une toile et un châssis et le défi de les mettre en relief, en volume, et enfin en espace. L’armature cachée, ce dessin secret, se laisse parfois deviner. Donner la tension et la forme comme le moyen privilégié d’un voyage en peinture. Tendre à la limite de la rupture, à la limite de la sculpture !

         Le fil de l’eau est la voie première de mon aventure : j’ai d’abord cherché mon expression et mon centre dans l’espace circulaire du tondo, cet omphalos, avec des toiles –hublots, aux couleurs de l’eau. Tondi aquatiques, groupes de pirogues, bancs d’animaux marins, chimériques ou fantastiques jouent de l’entre deux. Peinture ? Sculpture ? Mes pièces ont fini par se détacher du mur. Errances(s)…

         Je me suis alors demandé si mes toiles, à l’image du dieu Protée de la mythologie, avaient enfin le pouvoir de prendre toutes les formes et d’ouvrir ainsi à toutes sortes de délires et d’interprétations. Je nommais mes oeuvres «sans titre» pour mieux inviter les spectateurs à les nommer eux-mêmes par tous les noms de la création. Etonnamment, ce furent des noms d’animaux et de plantes qui revenaient le plus souvent, mots parfois étranges, ambigus, sarcastiques, simplement amusants, poétiques, non sans rapport avec la psychanalyse.

         Plus tard, j'ai cultivé dans le « j(ART)din » secret de mon atelier des œuvres qui privilégiaient toujours un caractère sensible, double et ambigu, perturbant l’interprétation. D’étranges pousses se sont développées, multipliées et ont proliféré : plantes ou animaux fantastiques, troubles chimères issues de nos inconscients, de nos mythologies, de nos cultures hybrides. A ma manière, j'ai bouturé, greffé, cloné. Artiste ? chercheur ? apprenti - sorcier ? ou encore j(ART)dinier  ? 

         Dans mon nouvel atelier construit dans mon jardin en 2005 je suis revenue depuis quelques temps à une série d'oeuvres à partir des croquis de mes carnets. Je leur donne une autre dimension, je les mets en espace. Il me semble que, ainsi, à ma manière je poursuis l'exploration de ces questions fondamentales, sans cesse renouvellées, que tissent dessin , dessein et peinture.


Posté par benedicteklene à 01:02 - NOTES SUR LE TRAVAIL - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1